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Anna Fadicheva (FR)

By Irina Gasparini

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Anna Fadicheva est née à Moscou. « … mon père, photojournaliste armé de la caméra «Moskva», nous emmenait souvent, mon frère et moi, à des promenades. Il nous apprenait à développer et à imprimer les photos que nous faisions. C’est ce souvenir vivant et pulsateur qui a défini mon choix professionnel. Après le bac, je suis entrée à la faculté des cameramen de l’Institut de la cinématographie (VGuIK) dirigé par le légendaire Vadime Ioussov, cameraman d’Andreï Tarkovski. Dans mes travaux estudiantins «Moscou de l’aube au crépuscule», «Un Fragment» et «La Poussière», la rapidité et le caractère éphémère du temps constituaient le sujet principal… »

Le cycle de photos «Les roues usées du temps» ne peut pas être rangé au sein d’un style bien précis. Ces images constituent une métaphore du temps. Dans le passé, les mécanismes horlogers mesuraient par leurs cliquetis la cadence de l’époque révolue. Le temps s’est enfui, l’horloge a usé ses dents et le mouvement s’est arrêté. Le rythme a disparu, le silence est venu.

Comme dit la chanson de Vladimir Vyssotski : « et les roues du temps s’usaient en se frottant, toute chose se gâte à cause du frottement… et alors s’est vexé le Temps et se sont figés les pendules du Temps…»

Le cycle de photos «Les Reflets dans l’eau» est une réflexion autour du «monde parallèle » où il y a de la place pour le temps et pour l’espace. Ce monde est fragile et éphémère. Le monde réel n’en est pas moins beau et fragile. Dans un monde reflété, tous les éléments ont de l’importance : le ciel, la terre, les plantes. La surface de l’eau absorbe le ciel en un seul cercle où, en conflit, ils ont créés les images uniques du monde réel.

Dans ses photos, Anna Fadicheva raconte son image du monde. D’un monde où chacun de nous voudrait vivre sans agitation et sans le besoin de fixer des yeux les aiguilles d’une montre. Ses ouvrages sont figurés, consacrées à la vie et à l’espace changeant en tout. « Je vous incite à ne pas négliger la possibilité de vous attarder et d’admirer, à admettre sans peur que le monde, à la différence de nous, est éternel. »

Inna Sekste

scénariste, critique de cinéma

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